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Historique

Fondations et développement

Andenne entame son développement durant le période mérovingienne, en 692, avec la fondation d’un monastère par Begge, sur les conseils du pape Serge Ier. Dieu aurait guidé Begge dans son entreprise en lui indiquant l’endroit exact où construire le monastère. Elle interpréta des signes (une truie et sept porcelets ; une poule et sept poussins) comme la volonté divine d’établir un sanctuaire à sept chapelles à Andenne. C’est donc de cette époque qu’Andenne tient sa renommée de « Ville aux sept églises ». Historiquement, on attribue le choix de Begge au pèlerinage aux sept basiliques de Rome.

Begge fonda également, à la même époque, un chapitre de chanoinesses autour des sept églises. La toponymie d’Andenne fait aujourd’hui encore largement écho de ces fondations.

Un arbre prestigieux !

Begge partage son arbre généalogique avec des noms qui résonnent : elle est la trisaïeule de Charlemagne, la sœur de Gertrude de Nivelles, la mère de Pépin de Herstal et la grand-mère de Charles Martel.

La légende raconte que Charles Martel, le héro qui repoussa les troupes sarrasines lors de la bataille de Poitiers, en 732, serait né à Andenne… Une inscription sur la fontaine des Ours située … à Andenne raconte que Charles a vaincu de ses mains un ours qui terrorisait la contrée. Cette légende est d’ailleurs à l’origine de la place privilégiée de l’ours dans le folklore local.

Une Collégiale contre sept églises !

Les sept églises furent détruites au 18e siècle et leurs pierres servirent à édifier la Collégiale Ste-Begge. Ce bâtiment néoclassique fut construit entre 1764 et 1778 par Laurent-Benoît Dewez (1731-1812), Premier Architecte du Gouverneur des Pays-Bas autrichiens, Charles-Alexandre de Lorraine. L’architecte est originaire de Petit-rechain (Verviers) et a brillé par de nombreuses réalisations comme la reconstruction de l’abbaye d’Orval, transformation de nombreuses abbayes (Saint-Martin de Tournai, Heylissem, Afflighem, Floreffe, Forest, Ninove, Gand, Vlierbeek, Dieleghem et Gembloux). Il a également remanié le frontispice de l’abbaye de Villers et construit le prestigieux château de Seneffe…

Guerres et sièges à Andenne

A la limite de la Principauté de Liège et du Comté de Namur, la situation géographique d’Andenne lui valut bien des déboires et fut la cause de nombreuses incursions militaires :

En 883, le bourg fut pillé et incendié par les Normands ;

En 1059, ce fut le Comté de Namur qui le réduisit en cendres ;

En 1152, il fut ravagé par les Liégeois ;

En 1155, les troupes de l’Evêque de Liège le pillèrent à nouveau ;

Au 13e siècle éclata la Guerre de la Vache qui sema la dévastation dans tout le pays ;

En 1429, les Liégeois, repoussés par la garnison de Samson, commirent mille excès en repassant à Andenne.

En 1467, après la bataille de Brustem, la garnison de Huy, fuyant l’armée victorieuse du Duc de Bourgogne, s’arrêta à Andenne et soumit la ville à un pillage en règle ;

Sans parler des invasions hollandaises, françaises,… !

Andenne, Fille de Blanche Derle

Pendant tout le Moyen Age, les terres plastiques d’Andenne (« la Blanche Derle ») y favorisèrent l’essor de la céramique : poteries et carreaux de terre cuite, conçus dans la localité, furent exportés bien au-delà de nos frontières.

Quant à la fabrication de pipes, elle date de la fin du 17e siècle, période qui voit aussi, jusqu’à la moitié du siècle suivant, Andenne se distinguer par la production d’une faïence fine de belle qualité, où se côtoient les œuvres les plus raffinées et les plus populaires.

En 1773, Joseph Wauters crée la première fabrique de faïence au lieu-dit « Belgrade ». Parée du titre prestigieux de Fabrique Impériale et Royale, elle comptera jusqu’à 200 ouvriers.

Le modéliste lorrain, J. Richardot, s’y illustre par la production de statuettes représentant des personnages historiques, comme Napoléon.

Verdussen et Bernard Lammens, dont les activités s’étalent de 1805 à 1823, introduisent une conception modernisée de la faïence et produisent, presque essentiellement des services de table dont le plus connu est celui dit : aux châteaux, fabriqué par B. Lammens et illustré de vues tirées de gravures de Remacle Le Loup dans « Les délices du Pays de Liège ».

Quant à la fabrication des porcelaines, elle est d’abord assumée par la fabrique Fourmy au début du 19e siècle, puis, par Camille Renard, avec qui, au départ d’un kaolin importé, elle va atteindre un rayonnement extraordinaire.

Mais la faillite met fin à cet état de grâce, et les bâtiments sont rachetés par John Cockerill qui y installe une papeterie et une imprimerie sur coton. Plus tard, après une autre faillite, Vierset Godin de Huy, rachètera la papeterie.

Les massacres de 1914

Il fallut arriver en plein 20e siècle pour voir se produire de nouvelles scènes de barbarie à Andenne…

Le 19 août 1914, vers 10 heures du matin, les Allemands entrèrent dans la ville et ce fut, dés ce moment, un passage presque ininterrompu de troupes de toutes armes. On évalue à plus de 40.000 le nombre de soldats ennemis se trouvant à Andenne et/ou dans les environs immédiats. Le jeudi 20, à 18 heures, les Allemands se prétendirent attaqués par des civils et commencèrent : fusillades, tueries, pillages et incendies.

225 habitants, hommes, femmes et enfants, furent lâchement assassinés.

Andenne et son développement économique

Jusqu’il y a peu, l’activité économique à Andenne s’est caractérisée par la présence de grosses entreprises telles que les carrières, les mines, les fonderies, l’usine de briques réfractaires Belref et la papeterie Godin. Installées en bord de Meuse ou au centre d’Andenne, elles étaient au cœur de la vie sociale.

Progressivement, la structure des entreprises a évolué vers un foisonnement d’indépendants et d’entreprises de plus petite taille, actives dans des domaines variés. Ainsi, à côté des carrières et des fonderies toujours bien implantées, le secteur de l’agroalimentaire a pris de l’importance : fabrication et conditionnement de gaufres, d’olives, de lasagnes, de produits de pâte et de levure. Les métiers de la construction sont également nombreux. Par ailleurs, on trouve des entreprises de transformation de matières qui entrent dans les procédés industriels : cuivre, vermiculite et perlite, recyclage de plastiques. Liées au secteur agricole, plusieurs entreprises produisent et commercialisent des aliments et compléments nutritionnels pour le bétail. Les transporteurs, également nombreux, travaillent en sous-traitance pour des sociétés de la région.

Toutes ces entreprises se situent pour la plupart dans les zonings industriels et les zones portuaires aussi bien en rive droite qu’en rive gauche de la Meuse.

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